Que se passe-t-il à Tourcoing, en proie à des violences nocturnes ?

Les nuits sont agitées à Tourcoing. Malgré le couvre-feu, pour la troisième soirée consécutive, des violences ont éclaté entre forces de l’ordre et habitants. Après une soirée marquée samedi par des jets de projectiles sur les forces de l’ordre à la suite d’une intervention pour un rodéo dans le quartier Croix-Rouge, puis des « incidents » vers minuit dimanche soir, avec à nouveau des jets de projectiles, la nuit de lundi à mardi a également été le théâtre d’affrontements. 

Jets de projectiles et tirs de LBD

Des tirs de mortiers et jets de projectiles ont été rapportés dans certains quartiers de la ville du ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, sans faire aucun blessé. Les derniers incidents recensés ont éclaté lundi soir aux alentours de 23 heures, pour s’achever un peu plus tard vers 1h45 du matin, précise BFMTV. 

Selon la chaîne, parmi les projectiles envoyés sur les forces de l’ordre, certains étaient des cocktails Molotov. Par ailleurs, plusieurs poubelles et au moins un véhicule ont été incendiés. Les policiers ont riposté en faisant usage de LBD. 

Dimanche soir, le directeur zonal de la sécurité publique dans les Hauts-de-France, Jean-François Papineau, a fait état d’une « agitation d’une plus grande ampleur [que samedi] de la part de quelques groupes d’individus ». 

Des heurts aussi à Lille, Roubaix et Wattignies

Les heurts, qui ont été filmés et partagés sur les réseaux sociaux, concernent notamment le quartier prioritaire de la Bourgogne, limitrophe de la Belgique, connu pour ses problèmes de sécurité. 

Des « tentatives d’agitation » ont également eu lieu samedi dans le quartier de Lille Moulins, avec des tirs de mortiers d’artifices, selon Jean-François Papineau. 

Lundi, des violences ont également eu lieu à Roubaix et à Wattignies, où le commissariat a été visé par des tirs de mortier, tandis que des véhicules ont été dégradés, explique BFMTV. 

« Les violences urbaines, cela n’arrête pas, un peu partout dans les Hauts-de-France », a déploré Arnaud Boutelier, secrétaire régional du syndicat de police Alliance dans les Hauts-de-France. 

Une dizaine de personnes interpellées

Lors des troubles de samedi, « deux individus ont été placés en garde à vue vers 19 heures à la suite d’un rodéo motorisé », a indiqué pour sa part la procureure de la République à Lille, Carole Etienne. Après ce rodéo, vers 23H, les policiers sont intervenus « pour un feu de véhicule positionné en milieu de chaussée et ont été la cible de jets de mortiers et de pierres » et un autre individu, mineur, a alors été interpellé, a poursuivi la procureure. Il doit être déféré lundi devant le juge des enfants.  

Dans la nuit de lundi, les autorités ont interpellé onze individus, précise BFMTV. 

Intensification de la lutte contre le trafic de drogue

« La lutte contre le trafic de stupéfiants dans les quartiers s’est intensifiée depuis sept ou huit mois, ce qui fait monter les tensions, qui s’expriment à la tombée du jour », a souligné Jean-François Papineau. « Cette agitation sporadique est la conséquence immédiate de l’activité policière contre les trafiquants et de notre politique de harcèlement des points de deal », a-t-il ajouté, rapporte La Voix du Nord. 

A la fois ministre de l’Intérieur et ancien maire de la ville, Gérald Darmanin a exprimé « son soutien à la police qui rétablit l’ordre et lutte contre les trafics à Tourcoing », sur Twitter. Ce mardi matin, invité de RTL, le ministre a également défendu les annonces d’Emmanuel Macron sur la sécurité dans une interview au Figaro

« La sécurité, c’est la première des politiques sociales : celle qui protège ceux qui n’ont rien. C’est cette politique que nous menons sur le terrain, en luttant fortement contre les trafics de stupéfiants qui gangrènent la vie de certains de nos concitoyens », a-t-il déclaré. 

Gérald Darmanin a défendu cette lutte anti-drogue en rappelant que « dans le quartier le Bourgogne, à Tourcoing, c’est 90% de logements sociaux, dans un quartier de 10 000 habitants, et ça fait 40 ans qu’il y a 70% de familles monoparentales, qu’il y a de la drogue partout ». 

Source : L’Express


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