Covid-19 : le projet de traité international contre les pandémies, un voeu pieux ?

Comme cela était redouté, la vaste panne survenue chez l’opérateur Orange, qui a perturbé les numéros d’urgence mercredi soir, a certainement eu des conséquences dramatiques. Un homme est mort mercredi soir sur l’île de la Réunion après les tentatives vaines de son épouse de joindre le 15, a indiqué la préfecture. Même chose dans le Morbihan, où un homme de 63 ans est décédé à l’hôpital de Vannes, ainsi qu’en Vendée, où un enfant de deux ans et demi a perdu la vie jeudi au domicile familial. 

Il « est trop tôt pour faire un bilan » mais « on est très préoccupés », a déclaré Emmanuel Macron, en déplacement dans le Lot, tandis que le PDG d’Orange Stéphane Richard, convoqué au ministère de l’Intérieur jeudi matin pour donner des éclaircissements au gouvernement, a présenté « ses plus vives excuses » aux personnes touchées par la vaste panne. Une nouvelle cellule interministérielle de crise se réunit ce vendredi à 7h30 pour faire un bilan de la nuit. 

A la Réunion, un homme en arrêt cardiorespiratoire

A La Réunion, « l’épouse du défunt n’a pas réussi à joindre le centre 15 [le numéro du Samu] après avoir tenté de le faire pendant une vingtaine de minutes », a précisé la préfecture dans un communiqué jeudi soir. La compagne du malade, dont l’identité n’a pas été révélée, a ensuite demandé de l’aide à une amie.  

Cette dernière a finalement réussi à joindre le centre 15 et « a fourni l’adresse de la victime en signalant que celui-ci avait des difficultés à respirer. Une ambulance a été immédiatement engagée par le Samu », relate le communiqué préfectoral. A leur arrivée sur les lieux, les secours ont constaté « que le patient avait fait un arrêt cardiorespiratoire ayant entraîné son décès. 

« L’absence de contact direct entre l’épouse et le Samu du fait des problèmes de réseau n’aura pas permis de caractériser précisément la situation médicale de la victime avant l’engagement des secours », souligne la préfecture. 

Enquête ouverte après la mort d’un bébé en Vendée

Un enfant de 28 mois est décédé jeudi matin au domicile familial, à Chavagnes-en-Paillers, en Vendée, et une enquête administrative a été ouverte. « Il apparaît qu’il y a un doute quant aux conséquences que ce dysfonctionnement aurait pu avoir dans le délai d’appel (…). C’est ce doute légitime qui nous conduit à demander une enquête administrative », a déclaré, lors d’un point presse jeudi soir, le préfet de Vendée, Benoît Brocard.  

Selon le directeur de l’ARS des Pays de la Loire, Jean-Jacques Coiplet, « un signalement a été transmis au procureur de la République par le centre hospitalier de la Roche-sur-Yon ». Avant de joindre les secours à 8h21 avec le numéro de substitution à 10 chiffres, la mère du jeune enfant, victime d’un arrêt cardiorespiratoire, avait tenté « pendant une heure de joindre sans succès le 18 puis le 15 ». Le décès de l’enfant a été constaté à 9h25 par le Smur pédiatrique de Nantes au domicile familial. Il y a « encore des perturbations sur le numéro 15, ce soir » dans le département, a observé le préfet de Vendée jeudi. 

Un homme de 63 ans décédé à l’hôpital de Vannes

Dans le Morbihan, un homme de 63 ans, originaire du pays d’Auray, est mort mercredi soir d’un arrêt cardiovasculaire aux urgences de l’hôpital de Vannes, malgré les tentatives de réanimation. Il avait été « conduit en voiture par sa conjointe (…) au vu des difficultés constatées pour joindre les services de secours », a expliqué lors d’une conférence de presse le secrétaire général de la préfecture du Morbihan, Guillaume Quenet.  

Dans un communiqué, le procureur de Vannes François Touron a expliqué jeudi soir que le décès de ce patient a été constaté à l’hôpital à 21h05. Il était arrivé « aux urgences à 20h26 » et son épouse a indiqué « avoir tenté en vain d’appeler entre 19h54 et 19h59 depuis son domicile le 15 à quatre reprises, puis le 112, avant de décider de le transporter elle-même aux urgences de Vannes », a-t-il précisé. Le parquet de Vannes va ouvrir une enquête « en recherche des causes de la mort ». 

Le directeur du Centre hospitalier Bretagne-Atlantique Philippe Couturier a demandé une enquête administrative et une enquête judiciaire « de manière à ce qu’on puisse pleinement répondre à la famille ». Selon Philippe Couturier « les éléments ne permettent pas de conclure de manière tranchée » à la question du lien entre le décès et la panne des numéros de secours. 

L’enquête administrative avait en fait déjà été ouverte dans la nuit de mercredi à jeudi, selon Stéphane Mulliez, directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) de Bretagne. 

Un cas suspect à Aix-en-Provence

A la mi-journée, le ministre de la Santé Olivier Véran avait indiqué que le dysfonctionnement pourrait avoir causé la mort de « trois ou quatre personnes », jugeant cependant « trop prématuré de tirer des conclusions ». 

Mais il pourrait y avoir d’autres cas suspects. Selon une source sécuritaire au Parisien, c’est le cas à Aix-en-Provence. Une femme de 54 ans souffrant d’hypertension et de diabète serait morte après avoir tenté de joindre le Samu à plusieurs reprises. 

Source : L’Express


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